Publié le Mer 22 Mars 2023 | Modifié le Mer 22 Mars 2023 649 Vue(s) [6 articles]
Déplorant le nombre croissant d’accidents de motos et précisément les graves blessures dues au non-port de casques de protection dans sa circonscription administrative, le commissariat de police d’Anyama a entamé une vaste campagne de sensibilisation afin de parer à cette situation.
L’opération de contrôle
des casques qui se déroule depuis 15 mars 2023 est baptisée ‘’Opération
spéciale un motocycliste-un casque de protection’’. Elle s’inscrit dans
le cadre de la sécurisation de la commune d’Anyama. Selon les informations recueillies
sur place, elle consiste à exhorter et même à obliger les motocyclistes à
porter un casque de protection, avant de s’engager sur la voie publique.
En ignorant royalement
cette disposition sécuritaire, de nombreux motocyclistes se sont fait
surprendre par les éléments du Commissaire Eric Koua, chef de service du commissariat de police
d’Anyama depuis le début de cette campagne. A l’exemple de Yves T.P qui
applaudit l’opération quoi qu’il ait eu à ‘’affronter ‘’ les policiers sur le
terrain. « J’étais à moto ce matin et en partance pour le village de Yapokoi pour
une course rapide, lorsque des agents du commissariat m’ont sifflé au niveau du
carrefour maternité. J’ai mon assurance à jour et j’ai mon permis de conduire
que j’ai présentés. Mais les policiers n’ont rien voulu savoir. Ils ont insisté
que je porte un casque. Pour cela ils m’ont invité à les suivre jusque dans la
cour du commissariat de police » raconte-t-il. Quelques instants après, selon lui, il aurait
emprunté un casque dans le quartier pour se tirer d’affaire. Mais il butte sur
le refus poli des agents de lui remettre sa moto. « Ils ont exigé que j’achète mon
propre casque » indique le motocycliste.
Il ne s’agit pas de disposer d’un casque, mais de le porter
Renseignements pris,
cette réaction a pour but d’emmener les motocyclistes à porter effectivement
leurs casques de protection. Certains n’en n’ont même pas. D’autres en ont mais
préfèrent simplement l’accrocher à leur moto pour prouver cela. « Il
ne s’agit pas de disposer d’un casque, mais de le porter. Car, en cas
d’accident, celui qui a son casque sur sa moto sans l’avoir porté s’expose aux
mêmes dangers que celui qui n’en a pas du tout » nous explique un
agent de police sous le sceau de l’anonymat. A en croire ses explications,
c’est pour aider donc les populations à prendre conscience de l’importance de
cette protection que le chef de la police aurait donné instruction à ses
éléments pour observer une tolérance zéro pendant cette campagne. Le
motocycliste qui se fait prendre devra produire son casque avec son reçu pour
attester qu’il vient de l’acheter. Puis, il devra le porter avant d’enfourcher
son engin. Même en ville, à ceux qui sont pris sans casque mais qui l’ont sur
leurs motos, les policiers exigent qu’ils les portent avant de les laisser poursuivre
leurs courses.
Tout le monde applaudit l’initiative, même les concernés
Comme Yves T.P, Arsène
G.B et Karamoko S ont été aussi pris dans les filets de la police et ont dû
s’exécuter avant de récupérer leurs motos. Très remontés au commencement de la
fermeté dont font preuve les policiers, au début, ils ont fini par applaudir
l’initiative. « Je salue le commissaire Koua et ses collaborateurs. Nous n’avions pas
compris le but de cette campagne. Mais nous réalisons nous-mêmes que ce n’est
que dans notre intérêt. Parce que sans casque, en cas de choc sur la route, la
mort peut vous emporter » confie Karamoko, soutenu par les deux
autres hommes pris. « Il y a eu plusieurs
accidents ici où des motocyclistes sont morts parce qu’ils n’avaient pas de
casques. Si la police a pensé à nous encourager à porter des casques, c’est une
bonne chose. Nous leur disons merci » a réagi O. Bintou, une jeune
femme qui nous a affirmé avoir perdu l’un des siens récemment à la suite d’un
accident de moto à Anyama.
Il faut noter que dans
l’ensemble les populations apprécient cette campagne comme de nombreuses autres
actions menées par le commissariat de police d’Anyama qui ont concouru à
considérablement diminuer l’insécurité dans la ville. Pour réussir ce coup, outre
ces contrôles, une sensibilisation éclatée dans les lieux de cultes et lieux de
grands rassemblements est en cours pour toucher le maximum d'usagers de la
route.
Orso Kanon
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